Un amour fraternel
Mireille, 82 ans, mère de 4 enfants et grand-mère de 6 petits-enfants, attendait toujours avec impatience un coup de fil spécial le jour de l’Action de grâces. Son frère Antoine, qui vivait avec sa femme et ses enfants à Paris, lui téléphonait toujours le jour de l’Action de grâces. C’était un moment précieux pour récupérer le temps perdu et parler aussi longtemps qu’ils le voulaient. Un jour d’Action de grâces, alors que sa famille s’affaire à préparer le souper, Antoine téléphone à l’heure habituelle et Mireille emporte l’appareil sans fil dans sa chambre pour pouvoir discuter avec son frère dans le calme et la sérénité. Comme d’habitude, ils restent au téléphone pendant plus d’une heure. Finalement, vient le temps de raccrocher et Mireille dit au revoir à regret.
Juste avant le souper, on sonne à la porte. Mireille regarde autour de la table et s’aperçoit que toute sa famille est là. Elle se demande donc qui cela peut bien être. Lorsqu’elle ouvre la porte, c’est la surprise de sa vie : dans le cadre de la porte se tiennent Antoine, sa femme et leurs enfants.
« C’était toute une surprise », se souvient Mireille, « et cela ressemblait tellement à Antoine que je connaissais lorsque nous étions enfants. Il nous réservait toujours des surprises et il adorait faire des blagues. Ce fut la meilleure fête de l’Action de grâces de ma vie. »
Les petites mains
Lise, mère de 3 filles et organisatrice de fête méticuleuse, se souvient d’un matin de l’Action de grâces où elle s’est réveillée avec un rhume. « Je me sentais totalement vidée », se rappelle Lise. « Mais toute ma famille devait arriver quelques heures plus tard et il y avait encore tellement à faire. » Lise reconnaît qu’elle est un peu perfectionniste et que dans des circonstances normales, elle tient à faire tous les préparatifs de dernière minute elle-même.
« Ma fille aînée [13 ans], Elisabeth, a vu que je n’étais pas dans mon assiette et elle s’est portée volontaire pour s’occuper de tout. » Au début, Lise n’était pas du tout convaincue par l’idée de confier toutes les responsabilités à sa fille, mais en 2 temps, 3 mouvements, Elizabeth avait recruté l’aide de ses jeunes sœurs, Claire, 5 ans, et Maria, 7 ans. Espérant que tout finirait par s’arranger, Lise retourne au lit.
« Je me suis réveillée quelques heures plus tard et je me sentais beaucoup mieux », se souvient Lise. « Et à mon grand plaisir — et grand étonnement ! — la maison était magnifique. Mes filles avaient parfaitement rempli leur mission. En fait, elles avaient fait un tellement bon travail, je dois bien le reconnaître, que je n’aurais pu faire mieux. » Conclusion, ce fut une journée d’Action de grâces réussie pour toute la famille.
Mon père est un chef
« Mon père », reconnaît Annie, « n’a jamais été reconnu pour ses talents de cuisine ». Annie est la mère de 2 garçons et une année sur deux, elle accueille toute la famille chez elle pour la fête de l’Action de grâces. Une année, le père d’Annie est passé à la maison pour prendre ses petits-fils afin qu’elle puisse avoir un peu de temps libre avant que la fête commence. Annie était contente d’avoir du temps pour elle; elle en a donc profité pour effectuer quelques appels de dernière minute et se rendre à l’épicerie.
La famille et les amis ont commencé à arriver pile à l’heure prévue, soit environ midi. À 13 h, tout le monde était arrivé — ses tantes, ses oncles, ses frères et ses sœurs — sauf le père d’Annie et ses garçons. Vers 13 h 30, alors que tout le monde était affamé, le père d’Annie arrive, suivi par ses garçons, l’un d’eux transportant un grand plateau qui ressemblait à une grosse pierre noire très dure.
« Mon père et les garçons étaient retournés chez lui et ils avaient fait du fudge — ou quelque chose qui devait ressembler à du fudge ! » Le fruit de leurs efforts culinaires combinés ressemblait davantage à une dalle de béton chocolatée qu’à un véritable fudge, se souvient Annie, mais peu importe, déclare-t-elle, « c’est un merveilleux souvenir d’Action de grâces et il fait désormais partie intégrante de la légende familiale. »